Languedoc : le programme Fresh vise à réduire les risques d'odeur de fumée


Cet effort s’inscrit dans le cadre d’une action plus large du CIVL pour aider la région à relever les défis induits par le climat. Les températures estivales dépassent désormais les 40 °C et les températures du sol jusqu'à 60 °C. Le projet Viti-Incendie est coordonné par le centre technique InterSud avec l'appui de l'équipe R&D du CIVL.

Selon l'organisme générique, « l'initiative combine la cartographie satellite des zones touchées par les incendies avec des analyses en laboratoire et des micro-fermentations pour évaluer une contamination potentielle, qui peut ne pas être perceptible sur les raisins et peut apparaître pendant ou après la fermentation ».

Les cartes satellites sont mises à jour plusieurs fois par jour à l'aide des données de la NASA et de Copernicus, les résultats de laboratoire étant convertis sur une échelle de 0 à 4 du risque d'odeur de fumée et « incorporés de manière anonyme dans une carte collaborative des risques », explique le CIVL.

L'outil vise à fournir aux producteurs du Languedoc des données permettant d'évaluer une contamination potentielle au niveau local et de permettre des décisions éclairées concernant les vendanges, l'attribution des raisins ainsi que la vinification.

Les stratégies innovantes d’adaptation au climat dans la région émanent également des producteurs eux-mêmes.

Le Mas des Chimères du domaine des Terrasses du Larzac a montré que le dépalissage (ou détreillis) a réduit les températures maximales de la canopée jusqu'à 3 °C et a retenu 40 % d'humidité du sol en plus par rapport aux parcelles témoins. Ce processus consiste à abaisser ou à détreillir le feuillage pour améliorer l'ombre sur les rangées.

Les cépages patrimoniaux et tolérants à la sécheresse suscitent également une attention accrue dans la région du sud de la France. Au Domaine Les Serrals de Faugères, la vigneronne Chloé Barthet s'oriente vers le Carignan plutôt que le Grenache grâce à la tolérance à la chaleur du premier. Elle a noté que le Grenache perdait de son acidité en cas de chaleur extrême.

Olivier Legrand, directeur général du CIVL, a déclaré :  » L'adaptation fait depuis longtemps partie de la viticulture languedocienne, mais le rythme du changement nous oblige aujourd'hui à aller plus loin et plus vite. Notre force est notre capacité à travailler collectivement, en réunissant vignerons, vignerons, chercheurs et experts techniques pour tester des solutions et les mettre en pratique. « 

Il a ajouté : « Viti-Incendie est un bon exemple de cette approche, donnant aux producteurs des outils pratiques pour évaluer et répondre aux risques d'incendies de forêt.

« En même temps, nous nous appuyons sur le patrimoine viticole méditerranéen du Languedoc, des cépages établis aux pratiques viticoles traditionnelles, en passant par la recherche et l'innovation. C'est cette combinaison qui nous permettra de continuer à nous adapter et à produire des vins avec fraîcheur, équilibre et un fort sentiment d'appartenance. »

Harpers a publié un article dans notre numéro de juillet suite à un voyage dans cette région dynamique que vous pouvez lire ici. Les efforts tournés vers l’avenir dans des appellations telles que Saint-Chinian et Faugères ont mis en lumière une région désireuse d’aborder de front l’adaptation climatique.

Image – Propre auteur, vignobles en AOP Terrasses du Larzac